Nucourt
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Nucourt tire son nom du latin novus, nouveau, et cortem, domaine, ou Nucitum, nouvelle cité, qui est devenu plus tard Niukor, Nuescort, Nevcort, Nevcourt, Neucourt puis Nucourt.
Petit village du Vexin qui compte, de nos jours "2017", environ 800 habitants est mentionné pour la première fois en 832 dans une charte de l'abbé de Saint Denis, Hilduin. Détruit à 80% durant la dernière guerre par des bombardements alliés le 22 juin 1944, le 10 juillet et les 12 et 13 août de la même année. L'objectif de ces bombardements était la destruction des carrières (voir le paragraphe carrières et four à chaux) qui étaient utilisées par l'armée Allemande pour le montage des fusées V1. L'église Saint Quentin, de par sa situation en dehors du village, sentira le souffle des bombardements de 1944 mais sera sauvée.
Lors de la révolution Française, Nucourt est rattaché au diocèse de Versailles (Seine et Oise) en 1966 le village est rattaché au diocèse de Pontoise (Val d'Oise). Il est aujourd'hui affilié au secteur paroissial du Vexin Ouest (Magny en Vexin).
Ce village ne manque pas d'intérêt nous pouvons encore y découvrir :
- Le château. Il se trouvait à l'origine dans le hameau d'Hardeville. Le seigneur possédait également de nombreux biens dont le terrain du Camp de César. Il est remodelé au XIX ͤ siècle, il passe dans la famille de Monthiers au XVIII ͤ siècle. Jacques de Monthiers devient le premier maire de Nucourt. L'un de ses mérites est d'avoir caché pendant la révolution française le corps de "la bienheureuse sœur Marie de l'incarnation" (1566-1618)
- La tombe de Jacques comte de Monthiers, (classée monument historique par arrêté du 21 avril 1938) : Déplacée vers le cimetière autour de l'église depuis une nécropole privée au lieu-dit le Vieux-Hêtre, à l'est du village, elle date de 1837.
- Le portail du cimetière, une porte cochère et une porte piétonne recouverts d'un chaperon de tuiles, En 1963, lors de l'élargissement de la rue de la gare ce portail est démonté et remonté à la porte du cimetière.
- La croix du cimetière (classée monument historique par arrêté du 19 septembre 1963) Petite croix en pierre sculptée du xvie siècle.
- Les calvaires, ce ne sont pas moins de 9 calvaires que l'on compte autour des villages de Nucourt et Hardeville dont celui qui est à proximité de l'église Saint Quentin.
- L'église Saint Quentin de Nucourt (classée monument historique par arrêté du 24 mars 1915). Implantée loin du village de Nucourt. Cette construction nous pose de nombreuses questions.
- A-t-elle été construite sur une église primitive, l'église n'aurait jamais appartenue à une abbaye ou à un prieuré ? Louis Régnier écrivait "La tradition locale veut qu'il y ai autrefois existé à cet endroit un monastère. On y voyait même encore il y a une vingtaine d'années (vers 1866) parait-il, les fondations d'un mur pourvu de contreforts". Aucun document que nous sachions, ne fait mention de cet établissement religieux. Le terrain dans lequel il était situé n'a livré aucun objet ancien.
- Pourquoi n'est elle pas au centre du village ? On pourrait penser qu'on a voulu la construire sur un site païen (culte pré-chrétien) consacré au culte de divinités. Nulle trace d'information que le village se soit déplacé pour quelques raisons que se soit !
- Pourquoi cette tour inachevée, quelle était sa mission ?
- Quel est la signification ou l'utilisation de cette pièce au deuxième étage qui ressemble à une habitation avec une cheminée ? **
Arriverons-nous à répondre à ces interrogations, voire à d'autres bien plus nombreuses ?
L'église Saint Quentin, est placée sous le vocable de Saint Quentin (martyr en 303). On y retrouve trois grandes époques de construction (romane avant 1175, gothique 1210/ 1220 et renaissance 1540/ 1560.
Les parties les plus anciennes de l'église sont placées dans le dernier tiers du XII ͤ siècle ce qui n'exclut pas l'existence d'un sanctuaire antérieur dont les traces auraient disparues lors de la construction de la nouvelle église.
Elle possède deux clochers de style différent : l'un, traditionnel, date du XIIIe siècle placé au milieu du chœur, tandis que l'autre, une tour carrée inachevée (il lui manquerait un étage, de style Renaissance, semble ajouté contre la façade. C'est cette tour qui sert de porche d'entrée (tour porche), et il est attribué à Jean Grappin. Le transept est réalisé dans la seconde moitié du XIIe siècle, tandis que le chœur est reconstruit au XIIIe siècle. Deux chapelles latérales sont ensuite ajoutées, et, vers 1540, la nef primitive est remplacée par un triple vaisseau.
De nos jours, l'édifice est un plan rectangulaire sur lequel est venu se "greffer" la tour porche d'entrée. Le premier édifice d'époque romane, une nef et un chœur séparés par une tour clocher date de 1175 (Il ne conserve qu'une cloche de 1812). Début du XIII ͤ siècle le chœur est reconstruit puis le second quart de ce siècle on ajoute la chapelle latérale nord, c'est au début du XIV ͤ siècle que viendra la chapelle latérale sud et la tourelle d'accès aux combles. Enfin, dans les années 1540, après la guerre de 100 ans l'église tombe en ruine, on remplacera la nef primitive par un triple vaisseau et dans les années 1550/ 1570 ce sera la construction de la tour en façade, elle serait l'œuvre de Jean Grappin.
C'est de cette époque (1550 environ) que date la majorité du mobilier. Parmi ce mobilier, dix sept objets sont classés monuments historiques dont le retable et ses volets, les fonds baptismaux, une plaque funéraire etc. Mais la plupart des ces mobiliers sont soit au musée de Théméricourt soit au musée Tavet-Delacourt de Pontoise.
L'entrée se fait par le porche, ses éléments décoratifs sont "simples" mais fins. un fronton triangulaire une niche vide domine le portail et deux niches latérales également sans statues.
Dans le narthex (avant nef) une porte donne l'accès à la tourelle cylindrique d'escalier pour accéder aux étages **. Dans l'escalier de nombreuses pierres sont marquées et portent une date et une "signature".
Au premier étage, une vaste pièce avec quelques statues en plus ou moins bon état, une cheminée, une porte de bois fermée et un beau sol en tomettes rouge.
Au second étage, nous sommes sur le toit plat de la tour, on découvre un beau panorama sur le Vexin et sur le village de Nucourt. Egalement un beau point de vue sur le clocher gothique.
Une des particularités la plus "frappante" est probablement le retable. Réalisé dans les années 1553 en pierre de Touraine, il occupe pratiquement tout le chœur de l'église. Ce retable polychrome raconte, par l'image, la Passion du Christ, une œuvre unique et merveilleuse. Il était encadré de volets en bois peints, les illustrations représentaient la vie de Saint Quentin. (1553, date qui figure sur les volets peints représentant la vie de saint Quentin aujourd’hui, pour des raisons de sécurité lié à la situation géographique de l'église, ils ont été déposé, scié sur leur hauteur afin d'en détacher la partie peinte qui a été reportée sur toile. Ils seraient visibles au musée Tavet-Delacourt de Pontoise). 1885, ils étaient fixés sur le mur sud de la chapelle, Louis Regnier préconisait leur dépose pour vérifier que les peintures étaient réalisées sur les deux faces, ce ne sera réalisé qu'en 1931. Après un long voyage ils sont de retour à Nucourt en mars 1981. Les neuf tableaux de ce retable sont reliés d'éléments décoratifs. (Vous trouverez les détails de ce retable sur le lien de l'église Saint Quentin. Je possède une documentation très détaillée "retable et volets" mais malheureusement je n'ai pas reçu l'autorisation de les publier).
Quelques éléments intéressants.
La croix du Christ
Les fonds baptismaux
La vierge à l'enfant et son autel
La chaire
Les clés de voûte
Les plaques fondation, épitaphes et funéraires
Les chapiteaux de piliers
Les cul de lampe.
Et quelques autres,
Le saviez-vous ? En 2002, Vincent Perez et Pénélope Cruz sont venus y tourner quelques scènes du film "Fanfan la Tulipe" de Luc Besson.
Mais Nucourt ce n'est pas uniquement cela, ce sont également les sources de l'Aubette, la rivière qui traverse Magny en Vexin.
L'Aubette, l'une de ses sources "La Fontaine du Jardinet" se trouve dans un ravissant lavoir la seconde "Demoiselles de Bellebrune ou La Fontaine à Mademoiselle" au lieu-dit les cressonnières. Après un parcours de 15.6 kilomètres, elle se jette dans l’Epte à Bray-et-Lû. Autrefois, cette petite rivière était jalonnée de 26 lavoirs, 6 fontaines et 15 moulins.
Le lavoir a été construit dans la seconde moitié du XIX ͤ siècle. A la demande de la population il a été reconstruit en 1997. Deux bassins de lavage où s'écoule aujourd'hui une eau limpide. Cet endroit est bien agréable, il est entouré d'une zone humide de 9000 m² qui va rejoindre les cressonnières. Il était utilisé par les lavandières de Nucourt mais également par celles de Sérans. « Les archives du village font mention d'une bagarre, en 1861, qui oppose les laveuses de linge, les lavandières de Sérans, commune environnante, à celles de Nucourt qui leur refusaient le droit de laver le même jour qu'elles »
Lieu dit "La cressonnière". Ces cressonnières se sont développées au XIX ͤ siècle. Le cresson se développe à proximité d'une source, c'est ici dans ce coin de verdure au pied de cette petite falaise, très jolie, que l'on pouvait cueillir cette petite plante potagère. Il semble qu'il n'existe plus de cressonnière en activité dans le Vexin mais à bien y regarder nous en voyons encore certaines traces de plantes mais aussi des fosses ou des canaux ou il était cultivé.
La voie ferrée, quelques portions de rails sont toujours présentes, aujourd'hui sans début et sans fin elle semble être posée là attendant des jours meilleurs. C'est cette voie ferrée qui était utilisée par l'armée Allemande pour l'approvisionnement des composants de fusées V1, mais également pour les expédier. Ce blog raconte bien cette partie de l'histoire. (voir le paragraphe carrières et four à chaux)
La gare de Nucourt, aujourd'hui il ne reste plus rien ou presque. Cette gare était l'une des 4 qui se trouvaient sur la ligne Magny en Vexin à Chars. Mise en service le 13 aout 1871, cette ligne est rachetée par l'état en 1900, elle devient ligne d'intérêt général. Le développement d'autres moyens de transport conduit, en 1952, à l'arrêt du transport des voyageurs et en 1987 ce sera la fin du transport de marchandises. Aujourd'hui c'est un très sympathique chemin de randonnée bordé de quelques souvenirs de cette période.
Les carrières et le four à chaux. Nucourt à longtemps exploité son sous sol en y extrayant le calcaire dans des galeries souterraines. Une partie de ces pierres était utilisée pour la construction d'habitations, l'autre partie était utilisée pour la transformation en chaux par calcination. Les ouvertures cintrées étaient les accès à la zone d'alimentation du feu quand à l'extraction elle se faisait par des ouvertures situées dans les parties inférieures de la construction. L'exploitation de ce four s'est arrêtée en 1939. C'est à partir du XX ͤ siècle que la culture du champignon a remplacé l'extraction de calcaire. On peut encore voir l'accès à travers une grille mais le site est fermé. C'est effectivement dans ces carrières que l'armée Allemande avait installée le montage de ses fusées V1, c'est peut être l'une des raisons de la fermeture de ce site.
Dans les champs proches de ces carrières, des cheminées sont toujours visibles.
Le camp de César, "site archéologique de l'éperon". C'est la construction d'un large fossé d'environ 150 mètres de long, creusé dans le calcaire, et d'un mur rempart de 5 mètres de large, une place forte triangulaire construite au sommet d'un promontoire. Cette construction daterait du V ͤ siècle avant notre ère, sa fonction est mal connue. Quand aux informations elles sont assez divergentes. Certains affirment qu'il n'a été trouvé aucune trace de "vie ou d'activité humaine" et que Jules César ne serait pas venu à Nucourt. D'autres pensent que le site aurait été occupé au V ͤ siècle avant notre ère puis qu'il aurait abrité une garnison, etc. , que cela pourrait être lié à un sanctuaire lié à l'eau (deux cours d'eau se rejoignent en contre bas), mais que les fouilles se sont arrêtées trop tôt pour bénéficier d'un complément d'informations et lever certaines hypothèses. Plusieurs phases de reconstruction ont été lancées au fil des siècles. La dernière, liée au traité de Saint Clair sur Epte (911) pour empêcher les Vikings d'atteindre le Vexin Français.
La mairie école. A Nucourt une première classe est attestée en 1607. Cette école est déplacée une première fois en 1812 (suite à un incendie du bâtiment de la première construction). En 1850 la municipalité achète une partie du château, le presbytère est transformé en mairie école. En 1882 avec le développement de la commune lié aux activités du four à chaux et du chemin de fer, l'effectif de l'école compte 67 élèves. En 1899 nouveau déménagement de l'école. La cloche qui se trouve dans le clocheton sur le toit de la mairie a été offerte par la famille Nicolle de Nucourt, elle porte le prénom des deux filles de la famille (Victorine et Léontine)
Bien d'autres choses sont à découvrir dans le périmètre de Nucourt, ce sera peut être pour une autre page.
Date de dernière mise à jour : 18/05/2017
Commentaires
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- 1. Faisant Bernard Le 24/05/2017
Très bon reportage bien illustré je suis ravi de cette lecture . -
- 2. Evelyne, Tout Simplement Le 19/05/2017
Il faut que j'aille faire un tour du côté de Nucourt un de ces jours !!
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