Hôtel de ville, Auditoir, La Fontaine

On aurait pu nommer ce chapitre "La trilogie"

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L'Hôtel de Ville

               La première construction à commencée sous le règne de Philippe Ier à été terminé sous Louis VI le Gros en 1110, probablement suite à l'édiction de la charte communale de Louis VI. L'acte le plus ancien conservé aux archives communales est un registre faisant référence à cet édifice, il est daté de 1379 à 1387.

              C'est en 1409 (1411 E. Saintier) que l'on ajouta une horloge. Louis XIII autorise la démolition de la chambre des comptes qui est en très mauvais état, les matériaux serviront à la réhabilitation de cet hôtel de ville. C'est donc en 1645 que fût entreprise cette grande opération de rénovation, la façade qui était en partie en bois et en très mauvais état fût totalement refaite en pierre dans le prolongement de l'auditoire royal. Selon Saintier, deux experts font un rapport signalant que la porte du fort qui est en ruine doit être démolie et que ses matériaux devront servir à la restauration de cet édifice. Vers 1830/ 1845, l'hôtel de ville fut à nouveau rénové, sur les conseils de l'architecte Postel qui avait prévenu que l'état de cet édifice était en forte dégradation, cela suite aux manque de travaux d'entretien. Les restaurations les plus conséquentes ont été réalisées en 1838/ 1854/ 1906/ 1927. Mais le 30 mai 1944, il fut écrasé par les bombes alliées. Aujourd'hui il n'en reste rien, si ce n'est la cloche qui fut retrouvée parmi les décombres, et qui se trouve désormais dans le musée de l'Hôtel Dieu et probablement un sous sol toujours riche en souvenirs, mais ceci est une autre histoire.

             C'est à l'hôtel de ville que toutes les conclusions du conseil de la ville se faisaient, c'était le centre de l'administration Mantaise. Après la Révolution, elle conserva son rôle prépondérant dans la vie communale. On y installa la première bibliothèque publique de la ville. C'est ici que l'on pouvait retrouver, entre autres, les documents sur la  confiscation des biens des couvents.

            Puis, en 1905, l'Hôtel de Ville étant devenu trop petit pour gérer les affaires de la ville, l'on profita du fait que l'on avait bâti le palais de justice pour y annexer l'auditoire (ce sera le prochain texte de cette trilogie).

           Henry Clérisse raconte, en 1939 dans le journal de Mantes, (extraits ci après) que lors de travaux dans les anciens bureaux de la police municipale Mr Marabout, architecte de la ville de Mantes, a découvert deux salles souterraines dont l'existence, jusqu'à ce jour, était totalement ignorée. L'une de ces pièces dût être occupée par le parquet, après la construction de la prison de l'Auditoire royal. Sommes-nous en présence de la salle où, au cours des siècles, furent reçus avec magnificence par des représentants de la municipalité, la plupart de nos rois, les grands personnages du royaume et qui eut, pendant l'occupation anglaise, la visite des rois de Grande Bretagne? Nous ne sommes pas éloignés de croire que ces vieilles pierres, fort bien conservées d'ailleurs, restées presque intactes, ont été témoin de ces visites et qu'elles entendirent toutes les délibérations qui eurent trait à notre histoire locale jusqu'en 1645, époque où fut édifiée, selon une méthode nouvelle pour la disposition des pièces, une maison de ville plus grandement distribuée. En résumé, cette salle souterraine et la seconde pièce en contrebas, qui avec ses caveaux a tout l'aspect d'une cave, sont des restes très intéressants de la maison commune que l'on commença de bâtir après l'incendie de Mantes par Guillaume le Conquérant, en 1087 et qui ne fut terminée de construire qu'en l'année 1110.

          Une autre salle souterraine, similaire à celle-ci, "existait" rue de la Juiverie, dans laquelle, selon une tradition, se tenaient les audiences lorsque la prison occupait l'emplacement du numéro 5 de la rue Thiers, avant le XVe siècle.

         Ce sera sur la proposition de l'architecte Raymond Lopez que la construction de la mairie actuelle sera construite à partir de 1948 place de la république. Les travaux sont lancés par Jean Paul David.

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L'Auditoire Royal

          La construction de l'Auditoire Royal débuta vers 1409 (1403 M. Larchiver). Sous Charles VI, il fût achevé sous Louis XII. La construction fût longue, interrompue durant les différentes guerres. C'était le tribunal de haute justice. Son sous sol qui était constitué d'anciens caveaux creusés dans le sol ayant du servir de prison au XV ième (inventaire de 1543), les souterrains que l'on retrouve très nombreux dans le vieux Mantes servaient d'abri durant les guerres et les invasions. Le siège présidial fût transféré de Montfort Lamaury à Mantes en 1552. Une de ses particularités était l'ornement de sa façade. Au dessus de la porte, finement sculptée, un porc épique symbolisait l'ordre de Louis d'Orléans, dans la niche au dessus de cette porte se trouvait la statue de St Yves, patron des hommes de loi, de chaque coté un écusson à droite aux armes de Milan, à gauche aux armes de la France. En 1902, alors en mauvais état, des restaurations et des modifications y furent entreprises. Puis, à partir de 1906, date de la mise en service du nouveau palais de justice (avenue de la République), il devint une simple annexe de l'hôtel de ville.

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La fontaine

              Dès les premières années du XVI ième le projet de construction de cette fontaine commença à murir. En octobre 1500 on commença à construire une ceinture sur la place du marché au hareng. Mais avant de lancer cette construction il fallait d'abord régulariser les arrivées d'eau qui étaient prises jusqu'alors dans la côte de Saint Sauveur (source de la Carolée, allée des Célestins). C'est en 1521que les travaux de plomberie seront terminés, le maire pouvait donc passer un marché avec un maître d'œuvre de la ville, Nicolas Delabrosse. La construction commença donc en 1521 (A. Durand/ E. Grave) (1526 M. Larchiver). Cette fontaine dite renaissance serait la seule de cette époque à avoir une double vasque. Elle se trouvait comme je l'ai dit plus haut sur la place du marché au hareng, devant l'Hôtel de Ville et l'Auditoire Royal. Ses deux vasques, l'une de 2 m de diamètre présente 4 figures d'hommes versant de l'eau dans la partie inférieure entre ces figures les armes de Mantes. La seconde est supportée par un balustre, il semble que cette vasque était très gracieuse, ce qui fit dire à Léon Palustre "….. la partie supérieure, principalement, elle est prêt d'atteindre l'extrême limite de la perfection" elles sont soutenues par un pilier octogonal finement ornementé.

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             Elle fit l'objet de nombreuses réparations, mais deux restaurations sont particulièrement notables. En 1689, où l'on rehaussa le bassin et ôta l'enfant qui couronnait originellement la fontaine, c'est également cette année que Mr Eustache Lemaire, avocat du roi au présidial fit rétablir les 3 fontaines, celle devant Notre Dame, celle de la place du marché au hareng et enfin celle de la place du marché au pain (rue porte aux Saints), Mr de Flicourt fit rétablir les tuyaux d'alimentation qui partaient de la source, elles étaient en terre cuite, il les fit remplacer par des conduits en plomb. En 1755 Mr Desné fit rétablir une nouvelle fois ces 3 fontaines. En 1807 une quatrième fontaine fut construite sur la place de Rosny (place de la république), elle fut remplacée en 1890 par un kiosque horloge. En 1908 en très mauvais état elle fut totalement restaurée.

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             En août 1942, elle fut endommagée par un ivrogne qui brisa la vasque supérieure. Gravement endommagée en 1944, lors des bombardements alliés, elle fut reconstituée à partir de ses débris et remontée dans la rue de la Heuse / rue Thiers agréablement mise en valeur dans la lignée de la Collégiale Notre-Dame et de l'ancien Hôtel Dieu. Elle fût classée aux monuments historiques en 1862. La fontaine actuelle est une reproduction de celle édifiée en 1520, l'original étant conservé par la ville.

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       Aujourd'hui ces édifices seraient situés place Pierre Goujon, une plaque signale cet endroit dans notre "Jolie" ville. Cette "trilogie" a été, malheureusement, écrasée durant les bombardements alliés du 30 mai 1944.

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Date de dernière mise à jour : 24/10/2014